Friday, January 5, 2018

Iran, Le pouvoir des mollahs vacille

Ahmed Charaï

Les manifestations, entamées depuis jeudi 28 décembre 2017 en Iran, interpellent. Elles ont commencé à Machhad, ville provinciale et néanmoins seconde ville en termes de population après Téhéran. Mais depuis, ces manifestations se sont étendues à 40 villes. La répression, une vingtaine de morts et un millier d’arrestations, ne réussit pas à éteindre l’incendie. Les manifestations pro-régime ont peu d’effets et sont aux limites contre-productives. Le mouvement de contestation iranien a plusieurs caractéristiques nouvelles. Il est d’abord provincial, il est jeune, il est essentiellement concentré sur des questions économiques, enfin il n’a aucun lien avec les jeux politiques entre prétendus modernistes et conservateurs du régime des mollahs. En Iran, le taux de chômage national atteint 12%, celui des jeunes 20%. Chaque année, le système scolaire iranien délivre des centaines de milliers de diplômes de masters, sept cent mille, selon certains. Or l’économie, dominée par le secteur public, ne peut pas proposer autant d’emplois. Mais il ne faut pas s’arrêter aux raisons économiques. Les jeunes refusent la schizophrénie qui leur impose des règles rigoristes qu’ils ne partagent pas. Plusieurs documentaires ont révélé que les jeunes iraniens ont juste envie de vivre comme les autres. C’est donc tout le système des mollahs qui ne tient plus. On ne construit pas une nation autour d’une forme de messianisme et d’interdits. La jeunesse, sans leader, porte ce message en Iran. Le plus important est la présence, importante, des femmes dans ces cortèges. L’Occident est perturbé face à cette rébellion, et c’est un euphémisme. En 2009, les manifestations en Iran avaient un caractère démocratique, contestant les résultats des élections. L’Europe et les USA, occupés par la crise financière et le sauvetage des banques, ont considéré qu’il s’agissait d’un problème interne au régime et n’ont soutenu les contestations que du bout des lèvres. C’était une erreur gravissime. L’actuel mouvement n’a pas de chef, s’appuie sur des revendications matérielles, contre la cherté de la vie, pour l’emploi. Le pouvoir des mollahs ne peut pas répondre à ces revendications, dans le contexte des sanctions et de la baisse des prix des hydrocarbures, tout en maintenant les différents efforts de guerre dans la région. La société iranienne démontre qu’elle n’en peut plus de ce corsetage. C’est à l’Occident de trouver les moyens de soutenir les aspirations du peuple iranien. La pression diplomatique, économique, est nécessaire et utile. Mais il ne faut pas alimenter le discours des mollahs qui stigmatise les opposants, comme « agents de l’ennemi ». La répression peut aboutir, la rébellion peut s’étendre, nul ne connait l’issue de cette rébellion. Mais rien ne sera plus comme avant en Iran. Ce ne sont plus des luttes à l’intérieur du système, entre modérés et conservateurs ou prétendus tels, mais une partie du peuple contre le système, les mollahs ne peuvent plus régner comme avant le 28 décembre 2017.

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via Abdo El Rhazi Iran, Le pouvoir des mollahs vacille

Thursday, January 4, 2018

Et de 3 pour Fnac Maroc

A peine 2 mois après l’ouverture réussie de son deuxième magasin à Tanger, la Fnac Maroc, franchise du Groupe Aksal, annonce l’ouverture d’un troisième point de vente au Maroc. Situé à Casablanca, ce point de vente, le deuxième dans la capitale économique après celui du Morocco Mall, est idéalement situé au cœur des prestigieux quartiers Mâarif et Racine, au 45 rue Ali Abderrazak.

Cette ouverture conforte la volonté du Groupe Aksal et de son partenaire, le Groupe Fnac Darty, de poursuivre la politique d’expansion de l’enseigne. Acteur culturel de référence, la Fnac Maroc se donne pour mission de rendre la culture et les produits high-tech accessibles à tous.

D’une superficie commerciale de 626 m2, ce tout nouveau magasin présentera l’ensemble des produits et des services proposés par la Fnac : livres, disques, DVD, gaming, micro-informatique, téléphonie, objets connectés, son, photo, jeux & jouets.

Le choix d’ouvrir une deuxième Fnac à Casablanca confirme l’ambition de l’enseigne de continuer à  se rapprocher de sa clientèle et de ses adhérents et structurer le paysage de la distribution spécialisée au Maroc.

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via Abdo El Rhazi Et de 3 pour Fnac Maroc

La CGEM dément l’octroi d’une zone de 70 ha à Laâyoune

Certains organes de presse se sont fait l’écho d’une information infondée selon laquelle le gouvernement projetterait de publier un décret octroyant à la CGEM une zone de 70 hectares dans la région de Laâyoune-Boujdour Sakia El Hamra aux fins de réalisation d’une zone franche d’exportation.

La CGEM tient à informer ses membres et l’opinion publique qu’elle n’a bénéficié d’aucune parcelle à cet effet et qu’elle n’en a pas fait la demande, ni auprès du Gouvernement, ni auprès des autorités locales de la région.

La CGEM  tient à préciser qu’elle a mené, en mars 2015, en partenariat avec le Ministère de l’Intérieur et les collectivités locales régionales, une initiative solidaire, citoyenne et responsable  de mobilisation des investissements au profit des régions du Sud. Dans le cadre de cette initiative qui  a permis de générer 6,18 Milliards de DH d’investissements concrets et de créer 13.109 emplois, la CGEM avait attiré l’attention sur le retard pris dans la réalisation de la 2e phase de la zone industrielle d’El Marsa à Laâyoune qui devait accueillir des investissements projetés par des entrepreneurs de différentes régions. C’est cette 2e phase que certains organes de presse ont certainement, de bonne foi, confondu.

La CGEM n’a en aucun cas demandé à bénéficier de ladite zone ou une autre dans quelque région du Maroc que ce soit.

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Wednesday, January 3, 2018

Les contes de fées de Fouzia Naciri et Rim Biaz enchantent Marrakech !

Des caftans brodés ou perlés, aux couleurs variées, du blanc au prune en passant par le vert et le noir… Des robes de soirée élégantes, aux couleurs vives et foncés, mêlant des matières riches et variées, telles que le tulle, la dentelle et la soie… Le défilé de Fouzia Naciri et Rim Biaz a fait très forte impression à Marrakech !

Organisé samedi 30 décembre, au Radisson Blu Hotel Marrakech Carré Eden, l’événement a mis pour la première fois à l’honneur le duo de créatrices mère-fille qui incarnent deux grandes tendances du stylisme au Maroc.

Baptisé Winter is beautiful in Marrakech, le défilé de Fouzia Naciri et Rim Biaz a en effet rendu hommage à deux vêtements d’apparat, célébrant tout à la fois la grande tradition du caftan et la magnificence de la robe de soirée, dans un mix subtil entre les mondes oriental et occidental.

Inspiré de la lumière de la cité ocre, le défilé a été superbement introduit par les robes caftans de Fouzia Naciri. Sa nouvelle collection a su rester fidèle à son style unique, développé au sein de sa maison de haute couture, L’Atelier du Caftan. Fouzia Naciri aurait pu en rester là, mais elle a choisi d’apporter une touche d’originalité en faisant s’entremêler des notes de modernité, un aperçu des nouvelles tendances et toute la richesse du savoir-faire marocain. Du grand art !

Digne héritière de sa mère, Rim Biaz a brillé à son tour avec ses dernières créations : des robes du soir et de mariées, ornée de perles et de paillettes. La jeune styliste a parfaitement su marier les styles, comme elle a l’habitude de le faire avec sa marque Karma, qui cartonne cet hiver ! Fluide et raffiné, l’ensemble a adopté la coupe à l’européenne, mais avec un esprit farouchement marocain : chaque robe a bénéficié du concours de grands maîtres spécialisés dans la préparation des caftans.

Pendant une heure de rêve, le public aura donc vécu un vrai conte de fée au contact de créations aériennes aux lignes épurées et fluides, avec de la brillance et une superbe touche de fête !

Le défilé de Fouzia Naciri et Rim Biaz a réussi son pari : illustrer de la plus belle des manières combien les plus beaux vêtements peuvent vivre et se transformer avec les inspirations et le temps, sans jamais perdre de leur chic et de leur glam !

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La controverse sur Jérusalem a permis de tirer des leçons précieuses pour le monde arabe

Dans un article publié dans le magazine américain spécialisé dans les questions de Défense et de politique étrangère The National Interest, Ahmed Charai analyse les effets réels de la décision du président américain de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël. En voici un résumé. 

Le point de vue des Occidentaux est que le choix du président Trump de reconnaître Jérusalem comme la capitale israélienne a isolé diplomatiquement les États-Unis, coûté à Washington son rôle de médiateur israélo-palestinien et compromis les perspectives d’un règlement de paix global. La preuve: la violence en Palestine et les enclaves arabes dominées par l’Iran, les manifestations et la condamnation officielle dans d’autres pays musulmans, et une contre-résolution à l’Assemblée générale des Nations Unies.
Ici, au Maroc, de nombreux observateurs ont une opinion différente: quoi que le Président pensait faire, la décision et ses retombées ont révélé une dynamique politique dans la région qui ouvre de nouvelles possibilités pour un règlement éventuel. Alors que la position des puissances étrangères reste essentiellement la même, les pays arabes, historiquement garants de la profondeur stratégique des forces rejectionnistes palestiniennes, sont de plus en plus un bastion de soutien au compromis.
En dehors du territoire occupé par l’Iran et de la Palestine, les manifestations ont été relativement modestes et de courte durée. C’était l’occasion en or pour les islamistes de gagner en pertinence après le choc contre-islamiste meurtrier qui a suivi le printemps arabe. Pourtant, ils semblaient incapables de rassembler, et encore moins de soutenir une participation massive à leurs «journées de rage». Cette faible démonstration de force est très importante pour les perspectives de paix – même en ce qui concerne les pays arabes comme le mien, géographiquement éloignés d’Israël et de la Palestine.
En ce qui concerne les perspectives de rapprochement de l’opinion publique en Israël avec celle de ses nombreux voisins, les potentialités de mon propre pays méritent d’être soulignées. Le Maroc abritait autrefois 265.000 Juifs. Pendant la Seconde Guerre mondiale, avec les réfugiés juifs d’Europe qui ont trouvé refuge dans le pays, ils ont été efficacement protégés des nazis par le sultan Mohammed V, même sous l’occupation du pays par le gouvernement allié nazi de Vichy. La plupart des Juifs marocains se sont retrouvés en Israël, où aujourd’hui, avec leur descendance, leur nombre dépasse le million. Chaque année, des milliers de touristes israéliens y compris les figures politiques israéliennes d’origine marocaine visitent le pays. Dans leurs déclarations publiques, ils témoignent de la fierté de leur ascendance marocaine et rendent hommage au statut officiel du roi Mohammed VI en tant que chef spirituel des musulmans et des juifs. Notre roi préside également le «Comité Al Qods», un organisme panarabe dédié au bien-être de la ville. Sa réponse à la déclaration du président Trump était, parmi celles des autres chefs d’État arabes et musulmans, particulièrement réfléchie. Dans une région où le déni de l’histoire juive de Jérusalem s’est répandu, le roi a noté l’importance profonde de la ville pour les adeptes des trois religions monothéistes, et a appelé à une solution au conflit qui garantirait les droits et la sécurité de tous. Les Marocains espèrent que toutes les parties, proches et lointaines, répondront aux besoins de la ville dans l’esprit de cette déclaration. Nous espérons également que notre pays puisse aider à favoriser un règlement éventuel.

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Indélébile, Meredic Turay ! « L’art africain, c’est l’avenir »

 

Apprécié pour sa touche colorée mêlant tradition et modernité, l’un des meilleurs artistes contemporains ivoiriens nous parle de sa nouvelle exposition « Africa Dreamer », une réelle ode à l’universalité. Un génie des temps modernes à découvrir à la Galerie 38 du 7/12/2017 au 7/01/2018.

Que ça soit dans votre travail ou votre style vestimentaire, on voit que vous avez un grand penchant pour les couleurs ?

Oui, je suis quelqu’un de très coloré, la couleur pour moi, c’est de la joie. C’est pourquoi, lorsqu’il les gens voient des couleurs Pop, ils sont plus égayés.  En fait, je suis d’un esprit très positif et ça a été une démarche assez délicate car, quand tu es un jeune artiste, tu veux être plus engagé, tu veux avoir une parole. Le défi c’est d’atteindre le juste milieu, esthétiquement parlant, et que ton message colle. Ça a été un travail de longue haleine, mais avec le temps, j’ai gagné en maturité, j’ai étudié les couleurs, les différents styles, j’ai pas mal voyagé, tout cela m’a permis de faire cette symbiose qui parle aux gens. Des fois, je peux être très spontané, des fois assez précis dans mon travail, je ne mets pas de barrières. Vous savez, c’est très ennuyeux de faire la même chose, ça serait bien qu’un artiste triche un peu partout, pour découvrir un autre lui !

Comment réussir ce pari de passer un message sérieux avec une touche plus soft ?

Je pense que c’est une question d’équilibre. Il faut opter pour le juste milieu. Parlant du style,  j’aime bien combattre le côté figuratif et le côté abstrait (tout ce qui est spontané et qui n’est pas forcément visible), pour obtenir ce juste milieu. Cet exercice t’apprend à mieux virer vers un message universel, du coup, esthétiquement, ça passe bien parce que t’as un équilibre. C’est une étape en fait, moi je suis passé d’un style très cartoonech à la reproduction des grands maîtres comme Picasso et Salvador Dali, pour arriver au côté très urbain, après la redécouverte de mon pays d’origine, la Côte d’Ivoire, donc il fallait que je redécouvre d’où je viens, et c’est cette symbiose là avec les expériences que j’ai eue, que j’ai pu faire une espèce de tradi-modernité qui parle beaucoup aux gens !

D’où vous vient cette passion pour la peinture ?

J’étais très passionné par la peinture, ce qui était un peu bizarre, vous imaginez un enfant de 6-7 ans, admirer une œuvre de Picasso ou de Dali ? Même si ces peintures me paraissaient abstraites à mon jeune âge, car je ne les comprenais pas réellement, j’aimais l’aura que ça dégageait, ce quelque chose d’inhabituel qui attisait ma curiosité. C’est à partir de ce moment là que j’ai commencé à reproduire certains tableaux ; et puis la passion a grandi au fur et à mesure que je grandissais dans le milieu Hip Hop puis j’ai découvert le Graffiti…Il y a beaucoup de collectionneurs qui me collent l’étiquette Basquia parce qu’ils retrouvent beaucoup de sa spontanéité et la manière dont je travaille mes couleurs. Je n’hésite pas à faire certains collages, le perlage en couleurs, en blanc et noir. Tout cela fait partie de mes différentes expériences que je ne cesse d’expérimenter et qui m’aident à mieux passer mes messages. Je profite de l’expérience et de la maturité de mon travail pour m’exprimer, c’est un peu comme si j’expliquais par la peinture !

Qu’est ce qui vous a inspiré pour votre dernière exposition ?

Mon environnement direct. Je suis aussi sensible à l’actualité internationale, ça me touche énormément, donc, en reproduisant certains sujets sur des toiles, je marque l’instant et le moment où j’ai pensé à cela. Il y a des moments qui sont tellement jouissifs où je parle des sapeurs, des gens qui s’habillent bien en Côte d’Ivoire, au Gabon, …pour donner cette air de joie. Il faut vraiment faire l’équilibre dans ce genre d’exposition, j’ai un côté très engagé mais aussi un autre côté où je dis : « profitez de votre vie, des couleurs, des vêtements, de votre entourage, … car on ne vit qu’une fois ! »

Au-delà du racisme et des guerres, quels sont les thèmes qui vous révoltent ?

Actuellement, la maltraitance de certains immigrés subsahariens, c’est un peu un sujet à la mode, c’est dommage, parce qu’on ne focalise que sur ce genre d’immigrés, mais il y en a d’autres qui viennent d’ailleurs et qui vivent le même calvaire et dont personne ne parle. Il y 3 pièces de l’exposition qui parlent justement d’immigration, certaines sculptures montrent que chaque personnage dans son bateau a une histoire spécifique, pour signifier qu’il ne faut pas généraliser l’immigration mais plutôt chercher la cause du problème. La source est très importante, et comme d’habitude, je le fais avec des couleurs tellement rayonnantes, pour déjà attirer les gens. La beauté pour moi sert à faire rentrer dans l’œuvre pour lui découvrir après le message qui suit ! C’est comme cela que j’ai commencé à rendre mon style mature, égayant. Cette exposition, c’est un arrêt important pour moi, car les gens verront comment mon expérience au Maroc a été bénéfique pour moi.

C’est important pour vous de laisser une trace à travers vos œuvres ?

Au-delà de peindre et de sculpter, je crois qu’il faut laisser quelque chose d’indélébile, une trace pour se souvenir de toi comme une espèce de pierre à l’édifice, de l’évolution de l’être humain. Mes toiles ne sont pas que de simples peintures, ce sont des œuvres qui auront leurs mots à dire, leur message aux générations futures. Quand je travaille, je prends mon temps, pour m’améliorer à chaque fois, pour que ça soit non seulement différent de ce qu’on voit mais pour que ça parle plus souvent. Ça peut être de couleurs très nettes, qui parlent aux amateurs et ça peut être brut avec des couleurs de café.

Vos œuvres sont toujours porteuses de message ?

Je crois qu’il faut avoir son mot à dire dans la société parce qu’au-delà d’être un artiste, je suis un citoyen, donc, c’est juste cette plate forme que j’ai pour m’exprimer. Ça dépend des périodes, je me rappelle, une des pièces que j’avais faite pour le Maroc pour la Galerie 38, la 1ère fois que je suis arrivé à Casa, j’étais ébloui par les embouteillages, ça m’a tellement étonné que j’ai fait une toile dessus, et ça a été le départ de mon inspiration directe, j’ai essayé de produire l’émotion que j’avais sur la toile, ça a été très symbolique !

Cela fait un an que vous êtes en résidence à la Galerie 38. Pourquoi le Maroc ?

C’est un pays qui va faire partie des leaders en matière d’art contemporain africain. Je pense qu’il faut faire partie de ce train, et vu que je suis dans la même démarche panafricaniste donc je pense que c’est le pays idéal pour moi, pour pouvoir mieux véhiculer son message à travers l’Afrique et pourquoi pas le monde. Et puis, le Maroc a une très grande amitié avec la Côte d’Ivoire, donc, je n’ai pas hésité et cette expérience est assez inédite pour moi.

A travers les yeux de mes personnages, je montre que personne n’est parfait !

Qu’est ce que ça vous a apporté ?

Les pièces sont tellement jouissives, quand vous voyez « La Mona Afric » (Mona Adjoa, son nom ivoirien) par exemple, vous avez l’impression d’être dans une exposition de couleurs. Des fois, je fais des reprises, je revisite des grandes pièces mais en gardant un côté très BD, très urbain et traditionnel à la fois, je garde le même esthétisme, je peux être très précis dans mon travail comme je peux être très évasif !

Les yeux de vos personnages ont tous quelque chose en commun, on reconnait de suite la signature Mederic.

Oui, c’est un symbole, j’ai fait beaucoup d’études à ce sujet, j’essaie par mon style d’adapter un symbole qui va vraiment m’identifier. Pour moi, les yeux sont le reflet de l’âme, c’est la première chose que tu regardes dans une pièce. Je fais donc une espèce de cercle autour avec une croix sur le côté, vous savez, je pense que tout être humain symbolise le Ying et le Yong, on a un côté très obscure, mais aussi il y a tellement de vie et de bonté dans l’être humain qu’on retrouve les deux, donc, il est important pour moi de montrer que personne n’est parfait ! Par ce symbole qu’on retrouve dans toutes mes œuvres je dis aux êtres humains : « restez humains, ne cherchez pas à être autre chose, vous avez le droit de pleurer, de rire ».

Vous avez aussi des influences américaines, vous êtes aussi rappeur ?

Oui, je suis aussi très passionné par la musique, la poésie, je suis très urbain, Hip Hop, je fais des mélanges, de la musique traditionnelle, techno, j’aime tout ce qui est contemporain, par contre, je tire mes racines de tout ce qui est ancien, j’admire Leonardo Da Vinci, car au-delà du côté esthétique, j’aime la maîtrise de ses doigts, de ses touches, il n’hésite pas à croquer tout ce qui lui passe par la tête, et c’est ce que j’ai toujours eu du mal à faire, j’ai toujours été très préparatif dans la tête,… les croquis, c’est un peu comme si tu laisses un message et que tu regardes après, c’est comme une note laissée par l’artiste, il est tellement bon dans ses croquis qu’aujourd’hui, on les considère comme des œuvres d’art. C’est aussi un grand mathématicien, un intellect, pour moi, c’est l’ultime artiste. Pour le côté contemporain, il y a Pablo Picasso, Salvador Dali et Basquia parce qu’il a ouvert un marché pour les Africains qui n’existait pas, et puis, son style était très urbain puisqu’il a baigné dans le Hip Hop ; il y a aussi Francis Bacon qui est le maître du visage enfant, et qui me rejoint un peu dans mon travail, parce que moi, je prends des papiers de couleurs, je fais des découpages de couleurs et je sculpte les visages avec, donc, on retrouve une palette de couleurs sur le visage, en plus, je travaille avec le café, qui viens de mon pays, la Côte d’Ivoire, ça m’a servi à nourrir et crédibiliser mon travail et garder une touche Mederic.

Que représentent la peinture et la sculpture pour vous ?

C’est l’ultime liberté de l’être humain, on ne pourra jamais s’exprimer comme les peintres d’antan ! Ce sont des gens qui arrivent à immortaliser le temps, les choses, et cela, c’est surhumain. Pour moi, la peinture d’atteindre ce niveau. La peinture est pour moi l’un des meilleurs témoignages de l’histoire, ça fait partie des arts majeurs, les plus grandes créations et découvertes de l’être humain.

Comment voyez-vous l’évolution de l’art contemporain africain ?

On est sur une très belle pente. Nous avons des artistes africains contemporains qui sont aujourd’hui bien côtés à Sutterby, c’est salutaire ! Le Maroc fait partie de ces pays qui sont en train de mettre l’art africain sur un diapason, avec tout ce que le roi Mohammed VI est en train d’entreprendre, et l’art africain a un avenir plus que certain. D’ailleurs, je me rappelle ce qu’a été l’art asiatique dans les années 70, ils avaient du mal à s’approcher du niveau international, mais à partir des années 80, c’était le boom, tout le monde avait commencé à collectionner les artistes asiatiques, aujourd’hui, ils ont une réelle plateforme et ce sont les plus grands acheteurs au monde. En Afrique, il faut juste renforcer nos institutions d’art, nos fondations, les artistes ont besoin de plus de mécénat, la culture représente tout dans un pays, donc, il faut que l’art contemporain soit la priorité des programmes culturels.

Comment voyez-vous la situation en Côte d’Ivoire ?

Je suis très content que la Côte d’Ivoire ait réussi à se stabiliser. Ma dernière expo dans le pays a été avec la Fondation DONWAHI, une des plus grandes fondations de l’Afrique de l’Ouest, qui milite pour l’art africain. L’art contemporain est en train de s’exprimer de bien bel dans les nouvelles galeries, les expositions sont de plus en plus nombreuses, ….on est très bien parti, que ça soit au Sénégal, au Rwanda, en Afrique du Sud, au Niger, … le monde entier vient redécouvrir l’art africain, le plus vieux et le plus ancestral de tous.

La place de la femme dans votre travail ?

La femme parle beaucoup dans mon travail. La femme est le pilier de la société, elle représente beaucoup de choses, un pays où les femmes sont mises à l’écart, ça se voit par la dureté des hommes, parce qu’une femme, quand elle est à l’aise, tout le monde est à l’aise autour. Je pense que le Maroc fait partie de cette catégorie, on sent que les femmes sont très conservatrices, elles veulent garder la famille et avoir une éthique, et ça c’est très respectable, et c’est exemplaire.

Vos ambitions pour l’avenir ?

Je me vois comme un des plus grands artistes du monde, parce que je travaille dur pour y arriver, je suis quelqu’un de très optimiste, pour moi, l’art africain est l’avenir, on a une touche qui réjouit et attire les collectionneurs du monde entier. Je crois qu’on commence déjà à se placer, et c’est à nous, jeune génération, de suivre et de créer une bonne dynamique autour, le reste suivra.

Des projets ?

J’ai pas mal d’expositions, sinon, je suis en train de voir pour signer avec une grande galerie à New York, j’ai des projets de résidence, des projets d’expo en Côte d’Ivoire. Ça m’aide à savoir quelle est ma réelle place dans le marché de l’art.

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Othmane Benabdjlil « Je voulais redorer le patrimoine marocain musical »

Directeur de production de Coke Studio diffusée du 3 octobre au 7 novembre 2017 sur 2M, Othmane Benabdjlil revient avec nous sur le concept original de l’émission musicale qui vise à redonner un nouveau souffle aux classiques marocains, histoire de séduire la nouvelle génération.

« Dépoussiérer les vieux morceaux classiques et leur redonner vie pour intéresser les jeunes à ce genre musical », un objectif que s’est fixé le producteur marocain de Coke Studio, l’émission qui a battu des records d’audience, et dépassé les 5 millions de téléspectateurs. Pari donc réussi par Othman Benadjlil, son concept original inspiré de l’émission musicale populaire dans plusieurs pays arabes, a cartonné au Maroc. Le principe pourtant simple, a beaucoup plu,  les morceaux classiques réarrangés avec des rythmiques modernes : bossa, salsa ou reggae, ont été remis avec maestria à l’air du temps. Pour le plus grand bonheur des jeunes qui ont pu découvrir des versions inédites de célèbres chansons de notre patrimoine musical interprétés par des duos entre des artistes d’hier et ceux d’aujourd’hui. Une rencontre entre deux générations qui a super bien fonctionné et une production intelligente qui a nécessité presque un an de travail acharné. « Pas toujours facile de trouver le duo parfait ! » nous explique Othman Benabdeljalil qui précise que l’alchimie entre deux artistes n’opère pas toujours même si le duo est étudié à l’avance. Un énorme travail de coaching a donc été nécessaire pour gérer les moments de doutes voire de blues de certains artistes qui ne se sentaient pas à leur place. Une expérience que le producteur a lancée en Algérie et compte renouveler au Maroc.

Pourquoi avoir accepté de produire ce genre d’émission ?

Quand j’ai été consulté pour ce format international, je n’ai pas eu à réfléchir trop longtemps, mon choix était fait : je voulais produire cette émission ! Une émission qui a pour but de redorer le patrimoine marocain musical, en d’autres termes, réorchestrer les chansons qui ont marqué les générations de nos parents pour séduire la nouvelle génération à travers plusieurs rencontres artistiques.

Depuis quelques années, la marge de création est devenue un peu limitée.

Comment s’est fait le choix des morceaux interprétés et selon quels critères avez-vous choisi les artistes, sachant qu’un duo gagnant n’est pas chose facile ! ?

Le choix des chansons était un peu plus facile dans le sens où chaque Marocain est capable de reconnaitre les chansons de chaque région qui ont marqué son enfance. On a fait exactement le même exercice avec un grand comité de sélection, composé de musicologues, de musiciens, de représentants de la chaîne et du sponsor, on a essayé de se mettre à la place de tous les marocains qui devaient se retrouver dans notre choix.

Pour les duos c’était un peu plus difficile, on voulait la rencontre des deux générations, la rencontre de deux styles différents, la rencontre de deux voix différentes, une vraie rencontre éclectique, à l’image de celle de Faycal et Khaoula Moujahid, Chama Zaz et Badr Soultan, Ibtissam Tisket et Hayat El Idrissi, ou bien Salma Rachid et Mahmoud El Idrissi

Je suis, à titre personnel, très content des duos, la surprise et le succès étaient au rendez-vous.

Comment évaluez-vous le secteur de la production audiovisuelle au Maroc ?

Depuis quelques années avec l’arrivée des cahiers de charge, la marge de création est devenue à mon sens un peu limitée, l’approche était plus ouverte à la nouveauté et on a pu créer par le passé des moments et des occasions exceptionnelles pour la production de programme qui ont marqué le téléspectateur marocain, comme Lalla Laaroussa et Al Qadam Dahabi, aujourd’hui grâce à la possibilité de sponsoring de programme, un format comme Coke Studio a pu voir le jour, alors qu’il n’aurait pas trouvé sa place dans la grille imposée par ce cahier de charge.

Quelles sont les lacunes de ce secteur ?

Les lacunes sont diverses comme dans plusieurs autres secteurs, mais les plus importantes restent liées au financement. La création de programmes de divertissement nécessite des moyens techniques et artistiques très coûteux parfois. Le marché publicitaire (sponsoring ou parrainage) ne permet pas toujours de créer des occasions comme celles du programme Coke Studio. Nous faisons donc notre maximum pour redoubler d’efforts, d’énergie et de créativité afin de ramener du nouveau au téléspectateur.

Parlez- nous de l’édition algérienne de Coke Studio ?

Pour l’édition algérienne de Coke Studio, c’était d’abord un challenge pour mon équipe et moi-même, la production a commencé depuis le mois de janvier 2017, on a veillé à choisir un producteur délégué et on a travaillé avec lui en étroite collaboration, pour le choix des artistes, des chansons, on a choisi de tourner l’intégralité des répétitions en Algérie et de gérer le live studio ici au Maroc, les artistes algériens, étaient très coopératifs et nous avons été agréablement surpris par le niveau professionnel des 2 producteurs musicaux, du band et des artistes de notre voisin Algérien, qui ont pu partager presque une résidence artistique exceptionnelle avec les musiciens et l’équipe artistique marocaine … C’était une très belle expérience à vivre pour nous tous.

Quels sont vos projets ?

Continuer à produire de la nouveauté et de l’inédit, continuer à réaliser des programmes de divertissements fédérateurs et créateurs d’audience.

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