Thursday, April 1, 2021

Comment relancer le secteur touristique ?

Quels dysfonctionnements du modèle touristique marocain ? Quelles sont les contraintes qui limitent sa contribution à l’économie nationale et régionale ?  Quelles stratégies à adopter en réponse aux effets des crises sanitaires, environnementales et économiques ?…Le CESE décortique le secteur.

« Bien que l’industrie touristique ait été mise en difficulté par le passé, la pandémie de la Covid-19 a fortement exacerbé ces difficultés structurelles et a eu de forts impacts économiques et sociaux sur son évolution », déclare Ahmed Réda Chami lors de la présentation de l’avis du CESE qu’il préside sur la relance du tourisme et son repositionnement stratégique à l’échelle nationale et internationale. L’objectif est « de mettre en place une nouvelle stratégie, basée sur une vision globale et intégrée et visant à promouvoir un tourisme durable, résilient et inclusif, favorisant le développement d’un tourisme des régions et la création de richesses et d’emploi en particulier au profit des femmes et des jeunes », ajoute le président du CESE. Le conseil s’est appuyé sur une approche participative basée sur l’écoute des principaux acteurs concernés par la thématique, parmi lesquels les institutions publiques (MTATAES, ONMT etc.), les associations/fédérations des professionnels du secteur (CNT, CRT), les organismes privés (tours opérateurs, bureaux d’études etc.), et une contribution écrite des acteurs actifs de la société civile dans ce domaine (CGEM, syndicats, fondations et ONG nationales, etc.).

Des dysfonctionnements majeurs  

« L’analyse du secteur du tourisme au Maroc durant ces vingt dernières années révèle un certain nombre de dysfonctionnements récurrents », note le CESE qui cite notamment des stratégies qui peinent à réaliser leurs objectifs fixés, la problématique de la triple concentration (aux niveaux des villes, des arrivées/nuitées par pays émetteur, et saisonnalité de l’activité), une défaillance majeure du dispositif de pilotage, les difficultés de financements au niveau du secteur, absence de la cartographie de l’emploi…Dans le détail, le CESE souligne que sur le plan des objectifs quantitatifs, la mise en œuvre de la vision 2010 a révélé des résultats relativement bons au regard des indicateurs établis par le département de tutelle. Les résultats de la vision 2020, restent cependant mitigés et les objectifs escomptés sont encore loin d’être atteints. En effet, l’objectif de mobiliser 150 MMDH d’investissement à répartir sur les différentes destinations n’est pas atteint. Sur 64 MMDH mobilisés, seulement 37,7 MMDH émanent du secteur privé dont 22% porté par des investisseurs étrangers. Les régions de Marrakech-Safi et de Casablanca-Settat accaparent successivement 32% et 23% de l’investissement mobilisé. « Avec la crise de Covid-19, le PIB touristique accuserait un manque à gagner de 72,1 milliards de dirhams en 2020 dû entre autres, au déficit de 64,3 milliards de dirhams en termes de recettes de voyage », révèle le CESE qui ajoute que ces écarts ont engendré 335.272 postes non créés. Concernant la problématique de la triple concentration, le CESE insiste que le fort déséquilibre en termes de développement touristique selon les villes et les régions et de ventilation des arrivées/nuitées par pays émetteur et en fonction des saisons. En effet, les statistiques de l’ONMT indiquent une forte concentration de l’activité, soit 60% des nuitées, au niveau de deux villes : Marrakech et Agadir. Le développement de nouvelles zones touristiques n’a pas permis l’essor d’autres pôles ou grandes villes touristiques en dépit des programmes mis en place. Le deuxième aspect de concentration du secteur est reflété par la répartition des différents pays émetteurs, dans la mesure où 52% des arrivées de touristes étrangers sont issues de deux pays européens : la France et de l’Espagne. Cette concentration accroît la vulnérabilité des recettes touristiques et des revenus des populations qui travaillent dans le secteur, par rapport aux fluctuations de la conjoncture économique de ces deux pays. Le troisième aspect est lié à la saisonnalité des nuitées touristiques qui engendre une instabilité de l’emploi, des revenus au niveau local, et impacte négativement la rentabilité des investissements touristiques réalisés au niveau régional. « Cette triple concentration impose la nécessité de réviser le modèle de développement touristique afin qu’il soit davantage résilient, territorialisé et capable d’assurer une activité plus pérenne et des emplois plus stables tout au long de l’année », recommande le CESE.

Un dispositif de pilotage défaillant

Une défaillance majeure, concerne le dispositif de pilotage.  « Le pilotage stratégique de la mise en œuvre de la stratégie nationale a fait défaut, le Conseil National du Tourisme (CNT) devant assurer le suivi de l’exécution des deux visions (2010 et 2020) et de ses mesures d’accompagnement n’a pas été créé. Les Agences de Développement Touristiques (ADT) pour la mise en œuvre des stratégies territoriales n’ont également pas été créées et la mise en œuvre et le suivi des contrats programmes régionaux (CPR), n’a pas été correctement assurée », regrette le CESE. En outre, le cadre de coordination stratégique et opérationnel prévu entre les acteurs publics en charge des relations étrangères pour l’accompagnement de la promotion du Maroc n’a pas été formalisé . Pour le secteur privé, le tissu des opérateurs est particulièrement fragmenté et vulnérable et le dialogue institutionnel avec les professionnels reste, d’après les acteurs auditionnés, très difficile. Sur le volet financement, le CESE affirme que le financement des investissements par fonds propres demeure prépondérant avec 55% en nombre de projets et 32% en capacité litière. La fiscalité à la fois nationale et locale liée au secteur reste moins attractive comparativement à d’autres secteurs et à d’autres pays.

Tourisme interne, un produit inadapté

En matière de promotion touristique, les performances enregistrées sont en retrait par rapport aux objectifs de la vision 2020, car les parts de marché dans les principaux marchés émetteurs sont globalement moins élevées que ceux des concurrents. A l’exception de la Chine, les parts de marchés du Maroc se sont relativement détériorées et/ou stabilisées comparativement à 2010. S’agissant du marché interne, il se caractérise par l’inexistence de produit adapté et de mécanismes de soutien dédiés avec des réseaux de distribution structuré. Concernant la question de la durabilité, l’intégration des critères de durabilité dans le cadre de la nouvelle loi n° 80-1423 est une avancée significative qui reste tributaire de l’adoption des textes d’application. La mise en place d’indicateurs de durabilité et de dispositifs de veille régionaux a été lancée mais s’est heurtée à la problématique d’adhésion des différentes parties concernées par le processus de collecte de données.

Les recommandations du CESE

Le CESE a formulé une série de recommandations articulées autour de six axes majeurs. S’agissant du volet de la gouvernance, le CESE recommande d’instaurer une loi-cadre du tourisme et de promouvoir une planification stratégique intégrée, impliquant une convergence des moyens et des ressources et un suivi-évaluation pour toute la chaîne de valeur. Pour ce qui est du tourisme durable et responsable, le conseil propose d’opérationnaliser la charte marocaine du tourisme durable, de contribuer à travers le système fiscal à la promotion des investissements durables, productifs, créateurs d’emplois et catalyseurs de la valeur au niveau des territoires hôtes et d’opter pour une approche « Tourisme 365 jours ». Au niveau du tourisme national, il conviendrait, selon le CESE de proposer des produits touristiques spécialement dédiés au tourisme national en ses divers segments et adaptés au pouvoir d’achat, de promouvoir le tourisme social et solidaire et développer les auberges des jeunes et d’inventer une offre adéquate pour les MRE en prenant en considération leurs styles de vie et leurs modes de consommation des loisirs et sports.

Sur le plan de la digitalisation, pour le CESE, il y a lieu de promouvoir des destinations et des produits touristiques durables à travers la communication, la connectivité et la digitalisation en proposant un circuit de réservation et de paiement marocain permettant d’éviter la sortie de devises et des commissions hors Maroc et en faisant évoluer la communication numérique officielle vers l’expérience-client.

Par ailleurs, il importe de qualifier le capital humain en s’alignant sur les tendances mondiales et en visant l’excellence par la mise à jour de la cartographie de l’emploi dans le tourisme et l’initiation de la signature d’une convention sectorielle collective en matière de formation et de renforcement des compétences.

Enfin, le Conseil considère que la territorialisation constitue un cadre propice à la mise en œuvre des stratégies pour assurer la coordination entre l’échelle nationale et régionale. Dans ce sens, le CESE préconise de mettre en corrélation les stratégies nationales du tourisme, de la culture, de l’artisanat, de la jeunesse et sport et du développement durable et en assurer la déclinaison territoriale, de soutenir la mise en œuvre des stratégies régionales du tourisme durable en appuyant les conseils régionaux dans l’élaboration de leurs PDR et de concevoir une offre diversifiée autour de corridors traversant plusieurs territoires avec une thématique touristique commune.

 

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Les transporteurs touristiques au bord du gouffre

 

 

Impayés, taux élevés pour les reports des crédits, saisie des véhicules, poursuite judiciaire enclenché par les banques et sociétés de financement pour impayés…la situation des transporteurs touristiques va de mal en pis. Ils tirent la sonnette d’alarme.

«Nous n’avons aucune visibilité sur la reprise des activités. Et la majorité des professionnels continueront à subir les répercussions de cette crise 36 mois après le retour à la normale », alerte le secrétaire général de la fédération nationale du transport touristique au Maroc (FNTT Maroc), Mohamed Bamansour qui ajoute que le secteur sombre dans l’agonie et situation des entreprises du transport touristique s’aggrave de jour en jour. «En l’absence d’une réaction de la part du gouvernement, les choses risquent d’empirer ».

En chiffres, sur les 1640 agences opérant dans le secteur, le professionnel parle de la faillite de 10% des entrepreneurs. Aussi, il évoque l’obtention d’agrément pour 160 nouvelles structures en 2020 qui n’ont même pu démarrer leur activités et sont endettés jusqu’au cou. Autre indicateur alarmant : 79% des structures sont financées par les sociétés de financement.

Saisies et poursuite judiciaires

Pour soutenir le secteur, le comité de veille économique a décidé la mise en place d’un moratoire concernant le remboursement des crédits au profit des entreprises de transport touristique.  Mais, pour Mohamed Bamansour, les banques et les sociétés de financement ne respectent pas la clause 7 du contrat programme, qui stipule que les reports sont activés sans intérêts et sans pénalités. « Les conditions de report actuelles sont calculées sur la base du taux d’intérêts initial contractuel de chaque dossier quand la demande de report est acceptée. Ce qui alourdit énormément la dette des sociétés emprunteuses qui sont déjà complètement à l’agonie », alerte Bamansour . il ajoute aussi que la fédération a reçu les réclamations de pas moins de 300 entreprises pour plus de 1400 dossiers d’emprunt. Principaux motifs d’insatisfaction : «le rejet de certaines demandes de report, le recours à des taux d’intérêts exorbitants pour les dossiers acceptés, menace de saisie des véhicules…. Pour certains opérateurs, des poursuites judiciaires sont enclenchées  par les banques et sociétés de financement pour des impayés durant cette pandémie », détaille Bamansour. Des réunions ont été tenues avec la GPBM et l’APSF. Malheureusement, « cela n’a pas aboutit à des résultats probantes », regrette Bamansour. Il souligne que plusieurs promesses ont été formulées mais elles n’ont jamais vu le jour. La FNTT Maroc sollicite aujourd’hui un arbitrage de la part de Bank Al Maghrib.

Actions urgentes

«Pour préserver le secteur, protéger les intérêts des investisseurs et soutenir les milliers d’employés et de leurs familles, des actions urgentes sont nécessaires avec l’application des décisions du contrat programme », insiste Mohamed Bamansour. Concrètement, les professionnels proposent un report avec un taux unique et solidaire garantit par la CCG à l’instar des crédits « Damane Oxygène » et « Relance » qu’ils estiment inadaptés à la nature de leur activité. «Ce taux doit être appliqué par tous les organismes de prêts et doit couvrir toute la période affectée par l’état d’urgence sanitaire du fait de la pandémie de covid-19 et ce jusqu’au rétablissement de l’état normal du secteur », préconise Bamansour. Autre recommandation, le maintien de l’indemnité forfaitaire mensuelle COVID jusqu’à la fin de la pandémie, et revoir les conditions de son octroi de façon à intégrer les employés exerçant de manière saisonnière ou ayant perdu leurs emplois avant février 2020. Concernant le volet des impôts, les transporteurs veulent une activation de la suspension de tout prélèvement ou paiement d’impôt ou charges fiscales dus durant la période de l’état d’urgence sanitaire. «Ces demandes ont déjà fait l’objet de plusieurs actions, débats et requêtes mais, à ce jour, ils n’ont pas été pris en considération », déplore Mohamed Bamansour. Pour lui, la relance du secteur n’est pas pour demain. «On sait que cette année 2021 sera encore blanche pour notre activité. Le retard de la campagne de vaccination dans certains pays, la propagation des nouveaux variants…tous ces indicateurs le prouvent. On pourra dès lors avoir un peu d’oxygène si on autorise les déplacements inter-villes au niveau du territoire national », conclut Bamansour.

 

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Cafés et restaurants. La covid m’a tué

Le secteur de la restauration et des cafés est gravement touché par la crise pandémique. A la veille du ramadan, les professionnels veulent entamer un dialogue sérieux avec le gouvernement et plaident pour des mesures urgentes pour venir en aide au secteur sinistré.

«Les autorités n’ont pas encore statué si on devrait ouvrir ou fermer pendant le mois de ramadan et cela nous inquiète. Si on nous oblige de fermer, il faudrait alors mettre en place un dispositif d’accompagnement pour le secteur de la restauration et des cafés au bord de la faillite aujourd’hui », prévient président de la fédération marocaine de la franchise et commerce (FMF), Mohamed El fane qui indique que les mesures restrictives pourraient avoir de lourdes conséquences économiques et sociales sur les franchisés et fera basculer les travailleurs du secteur dans la précarité suite aux licenciements et réductions de salaires appliquées par certaines franchises afin de maintenir leur activité.  «50% des restaurateurs réalisent 40% à 50% de leur chiffre d’affaires pendant le ramadan grâce notamment au ftour », souligne El fane. Il ajoute aussi «Nous avons arrêté nos activités durant 4 mois, nous travaillons  avec une capacité d’accueil qui ne dépasse pas les 50%, nous sommes obligés de fermer à 20 heures, et nous avons même fermé en décembre, considéré l’un des mois best-seller dans le secteur de la restauration. Si on ferme encore durant le ramadan, ça sera le coup de grâce ».

Même son de cloche de la part de Noureddine Harrak, président de l’Association nationale des propriétaires de cafés et restaurants (ANPCR). Selon lui, 25% des cafés ont été contraints de cesser définitivement leur activité. «Si on ferme pendant le ramadan, 10% de plus jetteront l’éponge », alerte t-il avant d’ajouter «que ceux qui vont rester ne le feront pas par choix mais plutôt par obligation. Ils n’ont pas d’autres d’alternative.  S’ils surviveront, c’est grâce à l’endettement ».

De lourdes pertes

Le secteur vit mal depuis un an. Les mesures de restrictions imposées pour endiguer la propagation de la pandémie ont pesé lourdement sur la situation financière des entreprises du secteur, de plus en plus fragilisées. «Avec le couvre feu nocturne, l’interdiction de la diffusion des matchs, la baisse du pouvoir d’achat des citoyens…on n’arrive même pas à atteindre 60% du chiffre d’affaires réalisé auparavant », affirme Noureddine Harrak qui craint la disparition de plus de 50% d’établissements au Maroc. Selon ses estimations, près de 80% des restaurants et cafés perdent de l’argent ou survivent à peine. Et la grande majorité fonctionnent à perte et n’atteignent même pas le seuil de rentabilité. Le bilan dressé par Mohamed El fane est aussi alarmant. Pour lui, le secteur de la restauration représenté par plus de 100.000 unités de restauration de différentes tailles et spécialités et employant plus de 1,2 millions de salariés a accusé un coup dur à cause de la pandémie de coronavirus et des mesures restrictives instaurées. Les établissements croulent sous les pertes et les entrepreneurs sous les  dettes. Il ajoute que, plus de 80% des chefs d’entreprises, qui se retrouvent au bord de la faillite, ont connu une augmentation vertigineuse et critique en termes de taux d’endettement, de mobilisation des fonds propres, d’hypothèques des biens… 40% ont été contraints de fermer ou de cesser leur activité. Le reste des restaurateurs prendra certainement la même décision si la fermeture des établissements est prorogée. En gros, les restaurateurs  ont perdu en moyenne 50% de leur chiffre d’affaires si ce n’est plus, ont accusé un taux d’endettement additionnel de plus de 50%, ont arrêté totalement leurs projets d’investissements et ont impacté de facto l’écosystème composé d’industriels, distributeurs, imprimeurs, opérateurs en logistique…

Des mesures insuffisantes

« On aurait voulu que les restrictions imposées soient accompagnés par certaines mesures qui allègent les répercussions néfastes sur le secteur. Or, en réalité, rien n’a été fait ou presque pour sauver un secteur en déclin », s’indigne Noureddine Harrak. Pour soutenir un secteur considéré comme sinistré, le comité de veille économique a prévu de verser une indemnité de 2.000 DH aux salariés déclarés à la CNSS durant 3 mois (de janvier à Mars). Dans le secteur des cafés, Noureddine Harrak souligne que seuls 30% des salariés du secteur sont déclarés à la CNSS. Et pour ces derniers, le mécanisme n’est pas encore activé. «Les travailleurs n’ont rien reçu. Ni les indemnités de janvier ni celles de février et mars », déplore El fane. Autres hics majeurs, les professionnels doivent s’acquitter de l’ensemble de leurs charges : loyers, compléments de salaires, remboursement des emprunts bancaires…Même cas pour les impôts et taxes. «Nous sommes tenus de payer l’ensemble des taxes et impôts imposés en temps normal. Nous avons travaillé 4 mois en 2020 et on nous oblige à payer les impôts sur toute une année. C’est aberrant», regrette Harrak. Pour les loyers, c’est une autre affaire. «Des centaines voire même des milliers de dossiers d’éviction concernant les cafetiers et restaurateurs sont devant les tribunaux », alerte Mohamed El fane qui en tant que président de la FMF avait sollicité en janvier dernier le comité de veille économique à mettre en place des mesures tangibles à l’instar des pays étrangers notamment des subventions pour la prise en charge partielle des charges fixes incluant loyers et masse salariale ainsi que de réelles mesures d’allégement fiscal. Résultats ? «Rien de concret », rétorque t-il.

On ne baissera pas les bras

Les professionnels veulent aujourd’hui juste «un vrai oxygène » pour sauver le secteur de l’agonie. «il faut comprendre que le commerce notamment le secteur de la restauration et des cafés constituent un levier important pour une économie », précise El fane qui appelle à la mise en place de mesures urgentes et efficientes. Ainsi, outre l’indemnité forfaitaire, il propose l’instauration d’une indemnité spéciale pour les restaurateurs leur permettant de compléter les salaires, la suspension des indemnités d’éviction à travers une prise en charge d’un tiers 1/3 des charges locatives par l’État, un tiers 1/3 par le bailleur et l’autre tiers 1/3 par le locataire avec un abattement de plus de 75% sur toutes les taxes communales. Nourreddine Harrak appelle de son côté à un dialogue sérieux avec le gouvernement dans l’objectif de débattre des problématiques liées à la crise sanitaire que connaît le pays et à la faillite annoncée du secteur des cafés et restaurants. Et les professionnels ne comptent pas baisser les bras. Les pourparlers sont en cours entre les membres de l’association nationale des propriétaires de cafés et restaurants pour passer à la vitesse supérieure. Une grève de 48 heures, des manifestations et des sit-in … sont programmés . Aucune date n’est avancée pour le moment.

 

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Mesures restrictives. Sacré coup pour les hôteliers

Ramadan, renforcement des restrictions de déplacements inter-villes, suspension des liaisons avec près d’une quarantaine de pays…les professionnels du tourisme n’ont plus de visibilité. La vision du président de la fédération  nationale de l’industrie hôtelière (FNIH), lahcen zelmat.

«A l’heure actuelle, nous n’avons aucune visibilité par rapport à la relance du secteur touristique », lance d’emblée le  président de la fédération  nationale de l’industrie hôtelière (FNIH), Lahcen Zelmat. Il ajoute que la visibilité dépend de plusieurs facteurs : la disponibilité des vaccins, la mobilité inter-villes et l’ouverture des frontières. Or, «on ne sait pas si l’approvisionnement des vaccins va se poursuivre, ni s’il y aura allègement au niveau des déplacements entre les villes, encore moins sur la reprise des liaisons aériennes. Tout est en stand by. Et les professionnels accusent le coup de ces décisions », regrette t-il. En gros, pour Lahcen Zelmat « pas de relance avant octobre 2021 ».

SOS, on agonise!

Hormis ces trois facteurs cités par le professionnel, il y a l’effet ramadan qui aggrave encore plus la situation. «90% des opérateurs fermeront à partir du 10 avril. Déjà, les marocains ne voyagent pas et ne fréquentent pas les hôtels pendant le ramadan. Et les restrictions imposées constituent un sacré coup pour le secteur. Les opérateurs sont au bord du gouffre et beaucoup risquent de jeter l’éponge dans la période à venir. Les lieux sont désertés et ils peinent à payer leurs salariés et leurs charges.  D’ailleurs, le secteur enregistre depuis quelques mois, des faillites en cascade de petits hôteliers en particulier, dans les villes touristiques telles que Marrakech ou encore Agadir», alerte Lahcen Zelmat qui appelle à l’urgence de l’opérationnalisation du contrat programme mis en place afin de pouvoir sauver «ce qui reste des meubles». «Les indemnités prévues pour les salariés n’ont pas été versées depuis trois mois. Et les employés n’ont pas reçu leurs salaires ni de la part de leurs employeurs ni de la part de la CNSS. Il y a urgence à activer et accélérer le processus. L’État doit intervenir pour sauver un secteur qui agonise», conclut-il.

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« Soft Hands ». Le court-métrage à suspense de Faïçal Hlimi

Tourné à Tanger avant le confinement et primé aux USA, le nouveau court métrage « Soft Hands », du réalisateur Faïçal Hlimi, est une œuvre intimiste qui parle de la difficulté de vivre en couple et qui montre les Marocaines sous un jour différent.

 

 

Après son dernier long métrage « 15 jours » qui n’a toujours pas été projeté dans les salles à cause de la crise sanitaire, le réalisateur tangérois Faïçal Hlimi revient avec son nouveau court-métrage « Soft Hands ». Une œuvre à suspense filmée à la manière Hitchcockienne avec plein de rebondissements et qui qui met en vedette, dans un huis clos surprenant, les acteurs Jamila El Haouni et Hamza Lamsiah.

« J’aime bien traiter des sujets qui parlent de la femme, de son vécu et des problèmes qu’elle rencontre quotidiennement dans son ménage, confie le réalisateur. Je m’intéresse particulièrement aux problèmes dans les relations de couple, mais je focalise surtout sur la femme », explique-t-il.

D’une durée de 15 ans, Aydi na’ima (Des Mains douces, ou Soft hands) raconte l’histoire d’un cardiologue qui rentre de l’étranger pour s’installer au Maroc. Après s’être marié avec une femme psychiatre, il voit sa vie chamboulée à cause d’un événement qui mettra son couple en danger.

Âgé de 44 ans, le réalisateur de vidéoclips et d’émissions télévisées, ayant collaboré avec plusieurs stars, notamment Nancy Ajram, Ramy Ayach et Jannat Mahid signe là son 7ème film cinématographique qu’il s’apprête à montrer dans différents festivals nationaux et internationaux.

« Ce n’est pas un film pour le grand public, il est destiné à être diffuser dans les festivals, précise Faïçal Hlimi. Il reflète le miroir de la femme marocaine sous un angle différent, un angle qu’on n’a pas l’habitude de voir dans nos films, comme la souffrance psychologique au sein du couple marocain », conclut-il.

 

 

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Chloroquine. Didier Raoul décoré par Macky Sall

Didier Raoult chez Macky Sall

Tout le raffut qu’on a fait sur le protocole du professeur Didier Raoult à base de Chloroquine n’a pas dissuadé certains pays de reconnaître les mérites de ce traitement qui a pourtant sauvé des vies humaines à travers le monde. Le Maroc qui s’y était accroché peut se sentir soulagé. Il a eu six fois moins de morts qu’en France où la Chloroquine a été critiquée, raillée et son défenseur traité de tous les noms.

Le président sénégalais Macky Sall a reçu Didier Raoult à Dakar et l’a décoré pour lui témoigner sa reconnaissance et la reconnaissance du Sénégal pour son combat contre les puissances mondiales de la Santé.

Son pays, la France, a tout fait pour le faire taire et discréditer son protocole, dénigré à l’échelle mondiale par de puissants intervenants en dehors même du domaine de la santé, soutenus par l’Organisation mondiale de la Santé. Une revue célèbre, The Lancet, a même été manipulée pour publier une fausse étude qui condamne définitivement la Chloroquine et ses applications.

Pourtant, le professeur Raoult a tenu bon, ne cédant en rien sur ses convictions basées sur sa pratique quotidienne à Marseille. La ville, grâce à lui, a gagné en célébrité.

Le geste du président du Sénégal ne rend pas uniquement hommage à Raoult, il montre surtout qu’il y a des pays qui ne suivent pas bêtement tout ce que Big Pharma dit et impose. Au plus haut du débat sur ce traitement, le Maroc n’a pas bougé de sa position, ce qui lui a permis de contenir les effets de la pandémie.

Tout comme le Sénégal qui, avec cet hommage rendu à Didier Raoult, confirme qu’on peut nager contre le courant quand on est fermement convaincu de ses forces. Il n’y a pas plus fort que la science. C’est le sens de la reconnaissance sénégalaise.

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Covid. L’assurance veut se réinventer

Face aux bouleversements des activités et des nouveaux risques engendrés par la crise du Covid-19, les assureurs doivent revoir leur copie. L’heure est à la construction de nouveaux modèles de couverture capables de protéger les individus et les organisations, sans mettre en péril l’équilibre du secteur.

« L’industrie de l’assurance a été bousculée par la pandémie de la Covid-19. Cette crise nous a fait prendre conscience que notre modèle classique basé sur la mutualisation des risques, pouvait vaciller face à un événement planétaire », déclare Mohamed Hassan Bensalah, Président de la fédération marocaine des sociétés d’assurances et de réassurance (FMSAR) à l’occasion de l’ouverture de la 7ème édition du rendez-vous de Casablanca de l’assurance tenu les 31 mars et 01 avril sous le thème « Inclusion en assurance & résilience aux pandémies », et mettant à l’honneur le Cameroun.  Intervenant par la même occasion, le ministre de l’économie, des finances et de la réforme de l’administration, Mohamed Benchaâboun note que la pandémie nous a démontré que nous ne pouvions plus nous permettre de négliger les risques parce que la probabilité de leur survenance est faible ou que la priorité soit accordée au développement économique sans tenir compte de sa durabilité. Des leçons sont donc à tirer. La FMSAR en est consciente. Son président souligne ainsi que cette pandémie a démontré que les mécanismes d’assurance classiques ne peuvent pas couvrir les risques systémiques, ni amortir leur impact financier.

Impact covid

«La bonne nouvelle, c’est que cette crise a joué un rôle déterminant dans l’accélération de la transformation numérique de notre secteur et nous a fait gagner plusieurs années. », déclare Mohamed Hassan Bensalah avant d’ajouter que « Malheureusement, la crise économique provoquée par la pandémie n’a pas épargné le secteur des assurances. Bien qu’il semble aujourd’hui moins impacté que d’autres secteurs d’activité, nous ne ressentirons probablement les répercussions réelles de cette crise sanitaire que plusieurs mois, voire plusieurs années après. » En effet, comme le rappelle Bensalah, le secteur des assurances au Maroc a réussi, au fil des ans, à améliorer ses indicateurs, en renforçant la solvabilité de ses acteurs et la couverture de leurs engagements. « Et c’est grâce à la solidité de nos fondamentaux, que nous avons réussi à faire preuve de résilience en 2020, en dépit du contexte. Les primes de la Non Vie ont enregistré une évolution de 2,8%, et la Vie a bien résisté, n’enregistrant qu’une faible baisse de 0,3% », détaille le président de la FMSAR avant d’ajouter que ce bilan relativement positif ne doit pas occulter les problèmes que le secteur a rencontré lors de cette année exceptionnelle. Plus particulièrement au niveau de l’encaissement des primes et au niveau de la dépréciation des actifs. « En raison de la baisse des marchés financiers, les entreprises d’assurance ont perdu environ 31% de leurs plus-values latentes, entre le 1er janvier et le 31 décembre 2020. », insiste t-il.

Promotion de l’assurance inclusive

«Les enjeux de l’assurance inclusive n’ont jamais été autant d’actualité, au vu de l’ampleur de la crise socio-économique que nous vivons. », affirme Mohamed Hassan Bensalah. De son côté, Mohamd Benchaaboun, précise que l’assurance inclusive, et plus particulièrement la micro-assurance, constitue l’un des principaux leviers dans la mesure où elle permet d’atteindre même les plus démunis, qui sont de surcroît les plus vulnérables aux risques. Elle peut avoir un grand essor grâce à l’innovation et la technologie qui peuvent contribuer à réinventer d’autres formes de protection sociale répondant à de nouveaux besoins exprimés par des personnes sans emploi qui créent leur entreprise, par des retraités bénéficiant d’une pension modeste, des travailleurs non-salariés peu ou moyennement qualifiés subissant des fluctuations de revenus importantes. «La micro-assurance peut avoir ainsi des visées sociales de protection d’une population n’ayant historiquement pas accès aux assurances traditionnelles.

D’ailleurs, le secteur des assurances peut jouer un rôle plus actifs dans le chantier d’extension de la protection sociale, à travers la mise en place de produits complémentaires aux produits publics de sécurité sociale, notamment en matière de santé et de retraite, ou encore par le biais de la généralisation de l’assurance Accident du Travail et Maladie professionnelle », explique Mohamd Benchaaboun qui ajoute que dans une semaine, sera tenue la deuxième réunion du Conseil National de l’Inclusion Financière qui réunira l’ensemble des parties prenantes, publiques et privées, investies dans cette stratégie. « Au cours de cette réunion, plusieurs mesures seront actées. Certaines concernent les assurances et visent la promotion de l’assurance inclusive qui pourra se développer rapidement en s’appuyant sur de nouveaux canaux de distribution, comme les établissements de paiement, le digital ou le paiement mobile », promet le ministre. Et il poursuit «D’autres mesures plus structurantes pour la promotion de l’assurance inclusive seront introduites dans le prochain amendement du code des assurances dans l’objectif d’encadrer davantage ces nouveaux produits auxquels d’autres incitations pourraient être accordées ». Concernant la résilience aux risques, dont les pandémies et le changement climatique, le régime de couverture contre les conséquences d’événements catastrophiques régi par la loi n°110-14 qui permet aujourd’hui de couvrir la population contre certains risques catastrophiques, comme les tremblements de terre et les inondations, entré en vigueur en 2020, sera étendu pour couvrir la population contre les pandémies ou d’autres risques émergents comme les cyber-risques ou les risques induits par le changement climatique comme la sécheresse. C’était la conclusion du ministre.

 

 

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