Tuesday, March 30, 2021

L’apologie du crime à l’ère du buzz 

 

 

Gloire d’un « assassin » le temps d’un week end…  Cette vidéo surprenante des aveux en live de deux accusés de meurtre a fait le buzz, tout en soulevant beaucoup de questions sur l’éthique de ce journalisme « new age » et son impact sur la société. Jusqu’où peut-on aller pour faire le buzz ? 

 

Par Hayat Kamal Idrissi

  

« Nous sommes allés le voir pour nous approvisionner en cannabis. Nous avions 35 dhs dans la poche, il nous manquait juste 5 dhs pour acheter notre dose. Mais le dealer ne voulait rien savoir et il nous a chassé en nous attaquant avec de l’acide. J’ai essayé de me défendre en m’emparant de son arme blanche et il a fini avec la gorge tranchée… », c’est en ces termes que ce jeune homme racontait « son crime » dans cette vidéo surprenante. Avant même que les deux amis accusés de meurtre ne soient interrogés par la police, ils étaient là sur Youtube à avouer et à raconter dans les détails ce qui s’est passé.

Aveux en live

Largement partagée, cette vidéo a été visionnée par des centaines de milliers de personnes en quelques heures. Se targuant d’avoir réalisé « une première », le journaliste a joué dans cette vidéo le rôle du détective, du juge, du conseillé et a oublié dans la foulée les droits des accusés d’être conseillés et orientés par un avocat. « Offerts au public, ces deux accusés étaient jugés avant même d’être arrêtés par la police », commente Yassine Guennoun, chercheur en sociologie.

S’inquiétant par rapport à la portée d’une telle manœuvre, le chercheur s’interroge sur son fondement déontologique et sur son impact sur l’affaire ultérieurement.  « Ces aveux « bruts » fait en live sans encadrement légal par un avocat ou autre laissent perplexes. A-t-on pensé à leur intérêt à eux ? A celui de la victime et de sa famille ? », s’interroge le chercheur. Ce dernier évoque un autre point qui n’est pas moins crucial : Le message véhiculé par de telles vidéos et l’effet sur le public.

 

Influence et course au buzz

« Au-delà de cette vidéo relatant le meurtre de ce week end,  présenter, en général,  un tueur présumé ou un criminel, lui tendre le microphone  en suscitant des sentiments empathiques surtout chez le jeune public est dangereux », analyse Guennoun en rappelant l’influence des réseaux sociaux et de leur contenu sur les jeunes générations et même sur les adultes. Il évoque le récit extrêmement violent de ce fait divers et les confessions des deux jeunes accusés qui visent clairement la compassion des auditeurs.

« Il faut noter que ce n’est pas un phénomène purement marocain. C’est une tendance internationale. Dans la course au buzz, on peut tout tenter sur les réseaux sociaux  » note de son côté Hassan Baha, chercheur doctorant en sociologie de l’image de l’Université Hassan II. « Les réseaux sociaux regorgent de vidéos relatant toutes sortes de violences. Titillant la curiosité des téléspectateurs, on leur offre matière à voyeurisme », analyse -il.

 

Fascination par la violence

 

Ce dernier note cette grande fascination par la violence que les réseaux sociaux transcendent davantage.  «Nous pouvons aller plus loin et dire qu’elle suscite du plaisir », s’aventure Baha.  D’après le chercheur, lorsqu’un individu assiste à une scène de violence, qu’on la lui raconte « en avant première », il marque par une telle attitude « une sorte de volonté de participer à la scène. Inconsciemment, il échappe à son état habituel de passivité, de simple spectateur, à son inertie et devient acteur et complice », analyse le chercheur  en sociologie de l’image. Le désir de savoir, d’être le premier informé, s’est accentué chez l’individu  avec l’apparition des réseaux sociaux. « Cette tendance a développé en lui une forme de curiosité malsaine », enfonce-t-il le clou. Ainsi le fait  d’«informer», d’avoir « le scoop », prime sur tout autre chose et ceci au détriment d’autres qualités humaines telles l’empathie ou la solidarité, nous explique-t-il.

 

 

Les réseaux sociaux et les médias nouvelles générations seront-ils ainsi en train de banaliser la violence ? L’anarchie qu’offre la plateforme des réseaux sociaux et même de certains sites d’information participe à la naissance d’une nouvelle forme de voyeurisme, soutient le doctorant. Il mentionne par la même occasion cette notion de «spectacle» lorsqu’il s’agit de relater une violence bien réelle sur les pages virtuelles ou par vidéos. Pour Guennoun, il faut savoir faire la distinction entre information et « spectacle ». Ce dernier relève d’ailleurs l’aspect dangereux de la diffusion de telles images et de tels messages : La banalisation de la violence. « A force d’être gavés par de telles images, nos enfants, adolescents et autres jeunes finiront par se familiariser et s’habituer à la violence et ses différentes manifestations. C’est là tout le danger » conclut Hassan Baha.

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Hammams ouverts. Et après ?

Autorisés à rouvrir leurs portes , les hammams restent désertés. L’affluence  n’est  pas à son apogée, contre toute attente. Explications du président de la fédération nationale des associations des propriétaires des hammams traditionnels et douches au Maroc, Rabie Ouaacha.

A Casablanca comme dans d’autres villes, les marocains ont appelé depuis de long mois à la réouverture des hammams. Finalement, les autorités ont autorisé il y a quelques jours la reprise des activités dans le secteur à condition que les mesures préventives et sanitaires y soient strictement respectées notamment l’utilisation du gel hydroalcoolique, le respect de la distanciation physique et la réduction de la capacité d’accueil à 50%. La décision a été bien accueillie. Mais hormis la première semaine où l’affluence était à son apogée, les lieux sont quasiment déserts aujourd’hui. Et pour cause! «la réduction de la capacité et la fermeture des lieux à 20 heures sont les raisons principales de cette situation », explique le président de la fédération nationale des associations des propriétaires des hammams traditionnels et douches au Maroc, Rabie Ouaacha. Aussi, «nous avons raté la saison hivernale où la fréquentation augmente. Malgré cela, nous nous attendions à une bonne affluence et nous avions même peur de la réouverture. Il n’en est rien. On enregistre peu de fréquentation et économiquement, ça ne marche pas », regrette Rabie Ouaacha qui note une baisse de 70% du chiffre d’affaire pour les opérateurs en comparaison avec la même période de 2019.

Augmentation des prix

Autre raison invoquée par certains citoyens : l’augmentation du tarif d’accès au hammam. Rabie Ouaacha réfute cette hypothèse. Il ne nie pas que certains professionnels ont opté pour une révision à la hausse de leurs tarifs, mais tient à souligner que ce n’est pas le cas de tous les opérateurs et que l’’augmentation ne dépasse pas les 3DH. «Les marocains voyageaient avant, pour aller au hammam. Maintenant que nous sommes ouverts dans toutes les villes, ils reprochent aux opérateurs d’augmenter les prix de 2 ou 3DH ? Nous sommes fermés depuis un an. Et cette différence de prix ne va pas compenser les pertes subies par les professionnels du secteur. Il faut considérer cette somme comme un moyen de soutien ou de solidarité avec des gens qui n’ont pas travaillé depuis une longue période et n’avaient aucune source de revenus », justifie Ouaacha qui ajoute que «ce n’est pas 2DH qui va freiner un marocain à partir à un hammam qu’il fréquente une fois par semaine ou même deux semaines. Alors qu’il paie quotidiennement le triple pour boire un café ».

Des faillites en cascade

Avec la baisse de fréquentation, les pertes subies et les difficultés rencontrées lors du redémarrage, le président de la fédération nationale des associations des propriétaires des hammams traditionnels et douches au Maroc parle d’une année noire pour le secteur. «Nous agonisons aujourd’hui. Et on ne sait pas comment on pourra s’en sortir. Beaucoup ont jeté l’éponge. Ceux qui résistent sont sommés par la décision de l’obligation de paiement des impôts sur la base des résultats de 2019. On veut qu’on paie des impôts sur les pertes. C’est aberrant. Et cela nous poussera à mettre la clé sous la porte », alerte t-il.

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Monday, March 29, 2021

Marrakech. Amine El Gotaibi expose sa « Visite à Okavango »

La MCC Gallery à Marrakech présente du 3 avril au 29 mai l’exposition/action VISITE de l’artiste pluridisciplinaire Amine El Gotaibi. De la genèse à l’œuvre totale, l’artiste conçoit Visite à Okavango, un laboratoire spatio-temporel africain à la rencontre de 16 pays, de leurs artistes et de leurs territoires. Un projet qui rassemble 9 projets de l’artiste dans une scénographie immersive et labyrinthique.

 

 

 

VISITE traverse 9 projets développés entre 2011 et aujourd’hui par Amine El Gotaibi. Comme en atteste l’exposition, cette période est irriguée par une révélation, prélude à un cheminement dans lequel chaque projet de l’artiste vient s’inscrire tel un nouveau chapitre ouvrant un ensemble de questions. La source de ce parcours remonte à 2007, lorsque Amine El Gotaibi amorce son projet Rivière sèche qui interroge la notion de rivière sèche comme symbole de fertilité et comme métaphore d’un pouvoir stérile.

Quatre ans plus tard, il découvre l’existence d’Okavango, l’un des plus grands fleuves endoréiques au monde et dont le delta ne rejoint pas la mer, mais, le désert du Kalahari au Botswana. Cette découverte bouleverse El Gotaibi qui, dès lors, ressent l’impérieux besoin de rendre visite à Okavango, devenu symbole d’émancipation, libérateur des normes et éveil absolu à l’altérité.

L’exposition/action VISITE trace le lien et le cheminement de l’artiste à travers son œuvre vers Okavango et vers l’Afrique. Pour l’artiste, VISITE crée le moment parfait pour produire les œuvres restées en gestation pendant plusieurs années. Le public y découvrira une sélection d’œuvres pour la plupart inédites, issues de 9 projets, et qui ainsi rassemblées, racontent Visite à Okavango : A partir de 2007, Rivière Sèche ; 2010 à 2016, Nouvelle Religion ; 2012, La prédation ne croit pas à la mort ! ; 2014, Arène de la soumission ; 2016, Attorab Al Watani (Territoire National) ; 2018, Perspective de Brebis ; 2019, Perspective de Séduction ; 2019, Ba moyi ya afrika et 2020, Sun(W)hole.

 

 

Visite à Okavango

 

 

 

 

Visite à Okavango est une destination tout autant qu’un chemin collaboratif à l’échelle du continent africain, générant tour à tour l’essentiel des valeurs humaines.

Le cœur de Visite à Okavango est l’expérience et les rencontres artistiques. Les artistes traverseront le continent dans cette optique de découvertes multiples et de cohésion par la création. Traverser des frontières signifie aller à l’encontre de points névralgiques : géopolitiques, géographiques, sociaux, culturels et artistiques. S’y rendre pour mieux comprendre, vivre cette réalité et la décloisonner : une résistance par l’art. Les paysages à vivre sont géologiques et immensément humains. Comme plateforme, Visite à Okavango invite des artistes locaux conscients et engagés pour leur pays, non connus en dehors de leurs frontières. L’engagement passe par leurs relais culturels et le renforcement du maillage panafricain. Des relais internationaux rendront compte de ce dialogue. Visite à Okavango réalise une œuvre collective par l’unique acte de la traversée. Le camion véhicule un message positif qui sera à son tour œuvre d’art.

 

 

L’Art comme moyen de résistance

 

 

 

 

Diplômé de l’Institut National des Beaux-Arts de Tétouan en 2008, Amine El Gotaibi est une figure emblématique de la scène marocaine de l’art contemporain qui essaie de tisser un passage vers la lumière depuis 2011. Pour ses projets d’envergure dans l’espace et le temps, l’artiste convoque tout aussi bien des médiums traditionnels, comme le dessin, la vidéo, la peinture, l’installation, que l’ingénierie mécanique ou le voyage. Aujourd’hui, ils sont les fondations qui répondent à l’exigence de son prochain projet : Visite à Okavango.

Début 2020 en préambule à ce projet, c’est en Afrique du Sud, non loin d’Okavango, qu’Amine El Gotaibi alors résident à la fondation Nirox, réalise l’ambitieux Sun(W)hole_piece cradle 1 : un mur en terre pisé de 15 mètres de long percé d’un trou comme un appel positif contre l’immobilisme. En octobre 2019 lors de la Biennale Young Congo, il présente son installation monumentale Ba moyi ya afrika (Les soleils d’Afrique), une œuvre originale composée d’une dizaine de projecteurs – tels des soleils qui illuminent le continent. Celle-ci s’institue comme prolongement à la réflexion qu’il a amorcée en 2016 sur la notion des territoires avec Attorab Al Watani (Territoire National) : une œuvre participative s’étendant sur l’ensemble des régions du Maroc et présentée à Marrakech lors de la COP22.

L’articulation géopolitique des territoires permet à l’artiste d’aborder le commun universel de la soumission comme en témoignent ses expositions : Perspective de brebis (2018), développée à la résidence Al Maqam, et Perspective de séduction (2019), fruit d’une résidence à Dar Moulay Ali, palais historique et ancien QG militaire français sous le protectorat.

Généralement immersives, comme La prédation ne croit pas à la mort ! (2012) montrée lors de l’inauguration du Musée Mohammed VI à Rabat en 2014, ses œuvres interrogent poétiquement les pouvoirs hégémoniques. Ainsi, les Printemps arabes donnent naissance à Arène de la soumission (2014), subventionnée dès 2012 par l’Arab Fund for Arts and Cultures. Ce projet attira l’attention de l’Institut du Monde Arabe qui finalisa son financement et qui l’exposa durant « Le Maroc contemporain » en 2014.

 

 

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via Abdo El Rhazi Marrakech. Amine El Gotaibi expose sa « Visite à Okavango »

Difficile coalition. Lapid et le Likud rencontrent le faiseur de rois Abbas Mansour

 

Par Gil Hoffman, Tobias Siezgal, Idan Zonshine

Le chef de Raam (Liste arabe unie), Mansour Abbas, qui détient la clé de la formation du prochain gouvernement, a rencontré samedi dernier le dirigeant de Yesh Atid Yair Lapid et le député du Likud Ayoub Kara. Les deux partis le courtisent afin de construire une coalition.

Kara a déclaré au Jerusalem Post, après la réunion, qu’il était désormais sûr que le Premier ministre Benjamin Netanyahu formerait le prochain gouvernement. Mais les associés de Netanyahu ont déclaré que le Premier ministre n’avait pas envoyé Kara voir Abbas, ni ne l’avait utilisé pour relayer des messages.

« Le camp pragmatique dans le secteur arabe dirigé par Mansour doit être embrassé et non évité par des déclarations nuisibles », a déclaré Kara, faisant référence à ceux du Likud et de ses alliés du Parti religieux sioniste qui ont opposé leur veto à une coalition soutenue par Ra’am.

Le camp politique de Netanyahu compte 59 sièges, y compris Yamina, sans Ra’am, deux de moins que la majorité. Le soi-disant «camp du changement» aurait une majorité de 61 députés avec Ra’am et sans Yamina.

Lapid a poursuivi ses efforts au cours du week-end pour présenter 61 recommandations au président Reuven Rivlin pour que celui-ci le charge de former le gouvernement. À cette fin, il a rencontré samedi soir son ancien allié politique, le leader de Kakhol lavan Benny Gantz, pour la première fois depuis la fin de leur alliance il y a plus d’un an. Il rencontrera cette semaine les chefs de la liste conjointe Ayman Odeh et Ahmad Tibi, mais le chef de Balad, Sami Abu-Shehadeh, le troisième chef de la liste conjointe, devrait adopter lundi une proposition au Conseil Balad de ne soutenir aucun candidat au poste de premier ministre.

Gantz n’a pas accepté de soutenir automatiquement Lapid devant Rivlin, comme l’ont fait Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, le dirigeant travailliste Merav Michaeli et le président du Meretz Nitzan Horowitz. Le chef de Kakhol lavan a été considéré comme un candidat de compromis pour former un gouvernement.

« Comme nous l’avons dit précédemment, nous recommanderons le chef du parti du » bloc pro-changement « avec le plus de mandats comme candidat pour former le gouvernement », a écrit Liberman dans un message Facebook.

Liberman a évoqué la situation politique complexe dans laquelle se trouvait Israël – après avoir tenu quatre tours d’élections en deux ans – accusant le Premier ministre Benjamin Netanyahu de cette situation qui « est le résultat direct du plan de survie politique d’une personne – Benjamin Netanyahu, qui a échoué pour la quatrième fois maintenant à établir un gouvernement stable et fonctionnel », a-t-il écrit.

« Toute personne qui se soucie de ce pays, serait parvenue à la bonne conclusion il y a longtemps et aurait remis les rênes à quelqu’un d’autre », a-t-il ajouté.

Faisant référence au procès pénal en cours de Netanyahu, Liberman a promis aux électeurs qu’à la suite de l’inauguration de la 24e Knesset, son parti soumettrait un projet de loi qui obligerait un Premier ministre en instance de mise en accusation à présenter sa démission. Liberman a noté qu’en 2008, un tel projet de loi avait passé une lecture préliminaire à la Knesset avec le soutien du Likud et de Netanyahu, ainsi que des partis haredi (ultra-orthodoxes).

Il a également déclaré que son parti soumettrait un projet de loi visant à limiter les mandats d’un Premier ministre à deux seulement, un projet de loi que Netanyahu a également soutenu dans le passé.

Enfin, Liberman a appelé tous les partis politiques qui se sont alignés dans le «bloc pro-changement» à mettre leur ego de côté et à empêcher un cinquième tour d’élections, ce qui semble actuellement être l’issue la plus probable.

« Surmonter cet enchevêtrement politique se fera en trouvant des solutions créatives et en sortant des sentiers battus », a conclu Liberman.

Exprimant également un désir de changement, le chef de New Hope, Gideon Sa’ar, a tweeté vendredi que « pour la quatrième fois en deux ans, Netanyahu n’a pas réussi à obtenir une majorité de 61 sièges à la Knesset.

«Sans Netanyahu, il est possible de former rapidement et facilement un gouvernement. Si Israël est plus important pour Netanyahu que son contrôle continu, il doit enfin aboutir à la conclusion patriotique. J’appelle Netanyahu: écarter, libérer Israël et permettre au pays d’aller de l’avant. « 

Lapid a retweeté le message de Sa’ar, ajoutant «écoutez Gideon!».

Le Likud a démenti vendredi un reportage de la Douzième chaîne selon lequel Netanyahu avait offert à Sa’ar une rotation selon laquelle, si celui-ci rejoignait son gouvernement, Netanyahu serait Premier ministre pendant un an, puis Saar prendrait le relais.

Sa’ar s’est entretenu deux fois au cours du week-end avec le chef de Yamina, Naftali Bennett, qui est fermement contre l’adhésion à un gouvernement dirigé par Lapid. Bennett a déclaré vendredi qu’il s’était entretenu depuis l’élection avec les chefs du parti travailliste, du Likud, du judaïsme unifié de la Torah, du Shas, du parti sioniste religieux, de New Hope, de Yesh Atid, de Kakhol lavan, du Meretz et de Yisrael Beytenu.

Lors des discussions, Bennett a souligné la nécessité «d’agir de manière responsable pour sortir Israël du chaos».

Article paru dans The Jerusalem Post, le 28.03.2021

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Canal de Suez. A qui profite l’embouteillage?

Les mésaventures du Canal de Suez bloqué par un super cargo qui a créé un immense embouteillage, ont faire sortir l’Iran de sa tanière. Le pays des Mollahs n’a pas tardé à proposer à l’Europe une autre route commerciale plus rapide et moins coûteuse.

C’est le Corridor de transport international Nord-Sud (INSTC), réseau multimodal de 7.200 km de routes maritimes, ferroviaires et routières.  Il facilite le transport de marchandises entre l’Inde, l’Iran, l’Afghanistan, l’Azerbaïdjan, la Russie, l’Asie centrale et l’Europe.

Le corridor a été tracé afin d’augmenter la connectivité commerciale entre les grandes villes telles que Mumbai, Moscou, Téhéran, Bakou, Bandar Abbas, Astrakhan, Bandar Anzali, etc. Les résultats des essais ont montré cet itinéraire multimodal réduisait le coût du transport pour 15 tonnes de fret de 2.500 dollars.

Selon Kazem Jalali, l’ambassadeur d’Iran à Moscou, les marchandises peuvent atteindre l’Europe par l’Iran en 20 jours et les coûts peuvent être réduits. Par conséquent, dit-il, « c’est une option supérieure pour remplacer le canal de Suez en transit ». L’ambition des Mollahs est de faire dépendre l’Europe de l’Iran.

Un autre « ami » de l’Egypte, la Turquie veut également créer un corridor commercial pour atteindre la Chine via l’Iran et la Russie. Point commun de tous ces Etats? Ils sont tous autoritaires. S’is veulent dominer les routes commerciales c’est pour réduire la puissance occidentale en général et américaine en particulier.

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Variations algériennes. Les généraux se crèvent un oeil pour que le Maroc se crève les deux

Minoterie Souani. Ce nom ne veut rien dire pour pas mal de personnes, mais pour les habitats de cette localité algérienne, en face de Bni Drar, donc proche de la frontière marocaine, c’est tout un programme. Ça nous permettra de comprendre deux choses, la pénurie de farine en Algérie et la haine profonde que vouent les militaires soviétiques algériens au Maroc.

Cette minoterie était la seule entreprise industrielle de la région, plusieurs familles en dépendaient pour vivre. Un jour, le pouvoir a décidé de la fermer pour cette raison étonnante: les Marocains en profitent plus que les Algériens à cause de la contrebande. Diagnostic implacable, solution imparable, fermeture. On ne va tout de même pas regarder les Marocains manger leur beghrir tranquilles sans réagir, ont dû conclure les généraux.

Même si cette fermeture allait jeter des centaines de familles dans la pauvreté, qu’importe. On est prêt à se crever un oeil pour que l’ennemi se crève les deux. Cela résume toute la politique du pouvoir algérien envers son voisin de l’Ouest. Il s’est donc crevé un oeil, et le Maroc, contrairement à ses attentes, a gardé ses deux yeux et vois même beaucoup mieux. L’expérience, ça vous forge une nation. Cette même logique opère avec le Polisario. On lui donne l’argent qui aurait permis aux Algériens d’avoir du lait, de l’huile, de la farine, des bonbonnes de gaz, à bon pris en abondance.

Les généraux ne se sont pas dit que s’il y a contrebande c’est que des gens influents couverts par le pouvoir s’y adonnent pour gagner beaucoup d’argent.  Des milliards. Sauf que tout cela n’est pas vrai. Un citoyen de Souani témoigne sur une télé algérienne. Depuis 28 ans qu’il vit dans ce village, jamais la farine de la minoterie n’a été vendue aux marocains, « notre farine meurt ici chez nous » disait-il.

A supposer que la contrebande existe, pourquoi fermer l’usine, alors qu’un simple renforcement du contrôle de la production et des livraisons, avec un meilleur contrôle aux frontières auraient suffit amplement.

Ceux qui se demandent pourquoi l’Algérie s’appauvrit alors que le Maroc s’enrichit, ont désormais la réponse. Heureusement que la méthode des généraux n’existe pas en médecine. On pourrait vous amputer une jambe pour une petite blessure à l’orteil.

Vidéo: Témoignage de 6:55 à  7:16

https://web.facebook.com/104544658088520/videos/453515149040487

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L’immigration un problème mondial

Dans une chronique publiée, ce lundi 29 mars dans le quotidien espagnol La Razon et sur son site web, Ahmed Charaï analyse en profondeur le problème de l’immigration. Il appelle à l’évacuation des atavismes, des incompréhensions et des suspicions au vu des défis importants et des grandes attentes des peuples espagnol et marocain…

 

Donald Trump avait fait de la question de l’Immigration un fil rouge de son programme politique. Il avait construit un projet de mur, qu’il pensait faire financer partiellement par les pays d’Amérique Latine.

La nouvelle administration, liée à l’histoire du parti démocrate et même à l’histoire des USA, pays d’accueil, veut changer de cap. Mais elle est déjà submergée par des flots de migrants, alors que la pandémie a fortement diminué les offres d’emploi.

Joe Biden a chargé sa vice-présidente Kamala Harris de mener les négociations à ce sujet. C’est un message fort, car étant elle-même issue des minorités, cela donnera plus de crédibilité a son action.

Le problème de l’immigration est réel. Des populations, affrontant la pauvreté, parfois les guerres civiles ou celles des gangs sont attirées par le rêve américain. Elles ont fait la vitalité de la société américaine pendant des décennies. Les entreprises américaines étaient heureuses de l’abondance d’une main-d’œuvre peu couteuse. Sauf qu’aujourd’hui la situation de l’économie n’est plus la même à cause du covid.

Les niveaux de chômage sont élevés et l’acceptabilité du phénomène migratoire a baissé socialement, les  phénomènes Identitaires fleurissent. Avec des dizaines de millions de voix qui se sont portées sur Trump, les USA, pays de l’immigration, se retrouvent rattrapées par la question identitaire, avec un mouvement réfractaire à l’immigration.

Kamala Harris aura à négocier la gestion du flux immigratoire avec les pays émetteurs, l’objectif étant d’atteindre une jauge satisfaisante pour les pays voisins et supportables pour les USA.

Mais l’Amérique sait que ce voisinage est son espace vital. Il n’est pas question d’une possible confrontation sur la question de l’immigration, c’est entre ces lignes fines que va naviguer Kamala Harris.

Le Maroc et l’Espagne, pays amis, partenaires et proches depuis des siècles, avec une réalité géographique immuable imposant un voisinage, déterminant, car chaque pays assume une sorte d’extension de l’espace de vie par rapport à l’autre, se retrouve confronter tous deux au même phénomène de l’immigration clandestine.

Le Maroc assume des responsabilités très lourdes, qui pèsent sur ses politiques publiques, notamment par leur coût financier.  L’Espagne est impactée aussi, et lourdement, parce que c’est le pays du primo-accueil.

De la même manière, la situation géographique fait des deux pays des points de passage du trafic international de toute sortes.

La coopération entre les deux pays est la clé, pour limiter ce phénomène, mais aussi pour démanteler et arrêter les groupes criminels qui s’enrichissent au détriment des migrants.

Il est évident que les efforts en matière d’immigration du Maroc et de l’Espagne sont profitables à l’ensemble de l’Union européenne, destination finale de la plupart des immigrants illégaux.

Par conséquent, l’Espagne a été demandeuse de la compréhension et de la solidarité politique et financière de l’Union. La politique européenne doit être fondée sur quatre principes fondamentaux tels que la prévention à la source ; la coopération opérationnelle avec les pays d’origine et de transit ; la lutte contre les réseaux criminels de trafic de migrants et la meilleure gestion des frontières.

Le Maroc et l’Espagne entretiennent des relations fortes depuis des décennies, quelque soit le détenteur du pourvoir exécutif dans les deux pays. Car ses relations sont ancrées dans l’histoire.

Il faut évacuer les atavismes, les incompréhensions et les suspicions. Les défis sont importants et les peuples espagnol et marocain méritent le meilleur de leurs dirigeants.

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